Your browser (Internet Explorer 7 or lower) is out of date. It has known security flaws and may not display all features of this and other websites. Learn how to update your browser.

X

Lu pour vous… “Entreprises : retrouver le temps pertinent » de Bruno Mettling – Editions Débats Publics – juin 2014

Par Patricia Blanchard-Bouvelot – Vae Solis Corporate

Et si la rupture entre « l’élite » et les citoyens provenait d’abord d’une fracture au sein même de l’entreprise ? Et si la dictature du temps court avait empoisonné jusqu’au cœur des organisations, délitant la confiance entre le corps social des grandes entreprises et ses dirigeants ? Et si l’avenir était à l’entreprise « bienveillante », en osmose avec son environnement territorial, ayant fait d’un «  nouveau contrat social », un investissement stratégique ?

Bruno Mettling est tout sauf un rêveur ou un naïf. Le directeur général adjoint d’Orange, en charge des ressources humaines et de la communication interne, est l’homme qui a su, il y a 4 ans, réconcilier l’entreprise avec ses 100 000 salariés. En prenant le temps de tirer les enseignements de la crise, en remettant l’humain au cœur de la performance.

Dans « Entreprises : retrouver le temps pertinent » paru en juin 2014 aux Editions Débats Publics, il propose au dirigeant du XXIè siècle une méthode, un guide de bonnes pratiques pour reprendre la maîtrise du temps. Sa ligne directrice : faire de l’anticipation la règle et de l’homme dans l’entreprise, non plus une variable d’ajustement, mais la condition de la performance de demain.

S’appuyant sur 30 ans d’expérience professionnelle et autant de gestion de crises, au service de l’Etat et de grands groupes privés, Bruno Mettling décrit sans complaisance l’urgence à repenser l’intervention de l’Etat devenue « dirigiste et corporatiste » et à « refonder le contrat social » au sein de l’entreprise. Il propose ainsi des « remèdes » à même d’armer l’entreprise face à la révolution de la digitalisation qui va bouleverser l’organisation, les conditions de travail, la relation client, les nouveaux marchés… Parmi ces éléments d’un «  goodwill social » qui ferait du « capital humain » un actif immatériel de l’entreprise : un « baromètre social interne » transparent et partagé, élargi à tous les éléments de la vie au travail pour être un indicateur de la performance durable ; une refonte de la rémunération des hauts dirigeants par l’instauration de nouveaux critères dont celui de la performance au long cours contre la dictature du cours de l’action en bourse ; une gestion de l’emploi et des carrières inscrite dans le moyen et long terme ; un dialogue social rénové ; une communication sociale interne et externe de qualité.

Pour Bruno Mettling, la performance globale et durable de l’entreprise passera par un nouvel équilibre entre temps court et temps long, le dirigeant du XXIème siècle devenant le pilote du « temps pertinent ». Cette nouvelle articulation des temporalités devra concerner jusqu’au marketing client et produit en passant même par la R&D. Elle nécessitera l’intégration de la fonction RH au cœur de la gouvernance en conférant une dimension économique et financière aux indicateurs RH pour mieux anticiper les adaptations, peser les conséquences des politiques conduites. « Le dirigeant devra faire de l’anticipation la règle, de l’écoute – des salariés, des partenaires sociaux, de son écosystème – son quotidien ». L’entreprise pourra alors se positionner  comme « responsable » d’une relation de qualité en interne et en externe, en contribuant notamment à la santé économique sociale et sociétale de son territoire d’implantation. De quoi donner un réel sens et un contenu ambitieux à la RSE, qui fera l’objet d’une évaluation partagée par tous les acteurs. Cette « citoyenneté » de l’entreprise constituera, selon B. Mettling, un facteur décisif de sa performance globale et la verra mieux armée pour faire sa révolution digitale…